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Gabon/ ÉCHANGE : avec Fiacre Mpako Ngoma, Président de l’Alliance Démocratique Populaire

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Le journal Peuple Infos a reçu le Président de l’Alliance Démocratique Populaire, Fiacre Mpako Ngoma, ce mercredi 08 novembre 2023, dans le cadre de sa rubrique « L’ÉCHANGE ». Il nous a fait l’honneur de repondre à nos questions axées prioritairement sur les enjeux de la transition au Gabon et, la nécessité du retour à l’ordre constitutionnel. Nous vous livrons ci-dessous l’exclusivité de notre échange…

Fiacre Mpako Ngoma, Président de l’Alliance Démocratique Populaire (ADP)

Peuple Infos : Bonjour Monsieur Fiacre Mpako Ngoma, Président de l’Alliance Démocratique Populaire (ADP). De prime à bord, quel est votre avis concernant la Transition assurée par le Président du CTRI, Brice Clotaire Oligui Nguema. Notamment, le coup d’Etat qu’à vécu le peuple gabonais le 30 août dernier ?

Président de l’ADP : Merci, déjà pour moi, rien ne m’étonne en ma qualité de Président de l’Alliance Démocratique Populaire. Je dis, ce coup d’Etat, était déjà un coup d’Etat réfléchi. Parce que les carottes étaient déjà presque cuites pour le président sortant qui, malheureusement avait déjà démontré aux yeux de l’opinion nationale et internationale, qu’il était, lui, en incapacité de diriger le pays. Mais également aussi, un groupuscule de jeunes personnes autour de lui, qui manifestement ont démontré effectivement leur manque de collaboration entre la gestion d’un Etat.

Donc il était question, d’un engagement volontier des militaires, de monter au créneau. Donc ce groupe des officiers, la nuit du 30 août qui s’est porté garant d’assurer ses intérêts et de dire aujourd’hui que, il y’a un coup d’Etat. Donc le régime a changé. C’est un régime qui partira d’un civil au régime militaire. Donc, je salue effectivement cette bravoure des militaires du 30 août 2023. Et, notre formation l’ADP, reste disposé pour accompagner le CTRI pour la bonne marche de la Transition.

Peuple Infos : certains compatriotes pensent que rien n’a changé, parce qu’ils estiment que c’était un coup d’Etat de palais. Toute chose qui se justifie selon eux, du fait qu’aujourd’hui, les anciens caciques du régime PDG se retrouvent à grand nombre aux côtés du Président la transition Brice Clotaire Oligui Nguema. Il y’a également l’ambiguïté qui se pose au niveau de certaines dispositions de la charte de la Transition, élaborée à la hâte par le CTRI sans toutefois tenir compte en amont, de l’implication de l’ensemble des forces vives de la nation. Qu’en pensez-vous ?

Président de l’ADP : Lorsqu’on parle d’une révolution de palais, moi, je ne voudrais plus répéter ce que certains hommes politiques ont dit dans ce pays. Par ailleurs, au niveau de l’ADP, nous sommes très inquiets pour le non respect effectivement de cette charte qui avait déjà été rédigée par le putschistes. Je les appelle Putschistes parce qu’il y’a eu coup d’Etat. Donc ce non respect de la charte nous inquiète au niveau de l’Alliance Démocratique Populaire.

Bon ! Les militaires sont au pouvoir, ils ont parlé d’un comité de la restauration. Notre inquiétude aujourd’hui, c’est que, il nous semblerait effectivement qu’il y’a les anciens PDgistes qui sont en ce moment réintégré au sein de la même charte, donc au sein du groupe militaires. A cet effet, on se demande, si les militaires vont respecter leur charte écrite par eux-mêmes ?

Mais, l’ADP dit ici que, nous, nous voulons effectivement qu’on soit situé sur le retour de l’ordre constitutionnel n’en déplaise le fait que le Président du CTRI ait déclaré qu’il n’y ni Parti politique, ni opposition, ni majorité. Mais qu’il nous dise l’agenda qu’il compte mener pour cette transition parce que dans la charte, il n’y a pas d’agenda clair, alors que les militaires en principe l’homme militaires, c’est celui là qui dit direct ; qui ne fait pas de philosophie. Or, aujourd’hui, on constate qu’il y’a trop de philosophie, trop de parlementaires au groupe, qui ont intégré les militaires. Et de facto, on a comme l’impression qu’on traîne le Peuple en bateau.

Peuple Infos : l’opinion s’étonne du fait que la charte brandie par le CTRI ait exempté le Président de la transition de l’impossibilité de se présenter à l’élection présidentielle. Votre point de vue.

Président de l’ADP : Si la charte de la junte au pouvoir dit que le Président du comité de transition n’est pas exclu à se présenter à une élection, bon ! Écoutez ! Il fait ses stratégiques. C’est un militaire. Mais nous ici au niveau de l’Alliance Démocratique Populaire, nous disons qu’il ne faudrait pas que la stratégie de guerre qu’à pris le général ; que cette stratégie face un retour vis-à-vis des civils.

Nous ne sommes pas en temps de guerre, nous sommes en temps de paix. Il y’a eu comme lui-même il le dit, un coup de liberté ; et qui dit liberté, dit simplement la liberté d’expression, la liberté des parti politique, la liberté de tout…et dans cette liberté, il faudrait effectivement qu’il respecte les closes. Et qu’il déclare que dans cette liberté que les partis politiques commencent à exercer. Or, si tous les pouvoirs sont simplement concentrés que sur les militaires, nous resterons toujour perplexe dans cette affaire de CTRI.

Peuple Infos : Que pensez-vous des choix opérés par le CTRI pour la gouvernance de la période de transition ?

Président de L’ADP : Nous sommes très inquiets, parce que les choix opérés par le CTRI, nous donne l’impression qu’il a réhabilité presque tout le monde. Je prends l’exemple ici, du choix du premier ministre, Raymond Ndong Sima, qui est connu par les gabonais comme étant un homme d’affaires ; moins politique. Est-ce que c’était un deal qu’il a accepté avec la junte au pouvoir ? Et ça, […] ça nous inquiète ! Hier, la présidente du sénat était plus virulente avec le pouvoir en place d’hier, en disant qu’il faut un retour d’ordre constitutionnel. Aujourd’hui elle est devenue la grande muette. Donc tout ceci nous met dans le questionnement. On se demande où est-ce que le CTRI nous mène ? Donc, nous, à l’ADP, nous voulons le retour des activités politiques afin que nous nous préparions pour l’alternance politique dans ce pays.

Peuple Infos : Monsieur le Président, si le CTRI vous invite à prendre une part active à la restauration des institutions du pays, vous accepterez ?

Président de l’ADP : Comme vous le saviez, dans notre idéologie, nous sommes des centristes. La mission du CTRI, c’est la restauration des institutions. Si c’est dans ce cadre là, nous allons marquer effectivement notre expertise. Parce qu’au niveau de l’Alliance Démocratique Populaire, nous avons des cadres à son sein qui ont de l’expérience, nous avons des jeunes qui peuvent apporter leur pierre à l’édifice du CTRI. Maintenant on reste disposé pour le changement du pays. Mais nous ne seront pas là pour accompagner le CTRI pour la confiscation du pouvoir. Si c’est pour ça, nous ne seront pas disposé.

Peuple Infos : Le CTRI a initié la tenue d’un dialogue national dont les préparatifs sont piloté par le premier ministre, à vos avis est-ce opportun l’organisation de telles assises en ce moment ?

Président de l’ADP : Nous, personnellement, Alliance Démocratique Populaire, nous nous inscrivons en faux dans ce dialogue. Parce que nous ne comprenons pas pourquoi on va dialoguer. Il y’a eu des militaires qui ont mis de côté, un régime autocratique pendant 14 ans, qui a dialogué plusieurs fois. Et, les résultats du dialogue sont là. Il y’a eu le dialogue d’Angondjé, il y’a le dialogue d’Arambo, etc. Nous avons beaucoup dialogué. Et puis, la devise militaire, c’est pas le dialogue. C’est « qui s’y frotte, s’y pique ». C’est la discipline. Les militaires ne doivent pas partir du corps habillé pour pour venir dialoguer.

Par contre, ce qu’on peut faire maintenant, que nous proposons, c’est la « Vérité et reconciliation ». Nous suggérons par exemple, que le CTRI puisse mettre en place une commission qui va réfléchir directement. Que de concentrer tous les pouvoirs auprès du premier ministre dont nous savons ses dribles d’homme politique « Maradona politique ». Donc nous ne nous s’inscrivons dans ce dialogue. Parce qu’il ne peut pas être en même temps, dans le dialogue, et en même temps dans la restauration des institutions. Fait de cette manière, nous nous inscrivons en faux !

Peuple Infos : Vous venez de créer un Parti politique, mais pourquoi maintenant ?

Président de l’ADP :
Vous le savez, monsieur le journaliste, que le Président de l’Alliance Démocratique Populaire que je suis, Fiacre Mpako Ngoma, avait déjà des ambitions de se présenter à l’élection annulée. Et compte tenu des enjeux personnels, et au cours des réunions internes, j’ai décidé de me retirer à la dernière minute. Et nous étions encore sous la bannière d’une association ; Reunis autour de ce groupe là, nous avons conclu qu’il n’était plus question de rester en association. Qu’il était temps de créer un Parti politique. Puisque aujourd’hui, c’est un coup de liberté comme les militaires le disent. Alors si c’est un coup de liberté, c’est-à-dire que la création des Partis politiques en République gabonaise n’es pas interdite. Il n’est jamais trop tard pour mieux faire. L’objectif pour lequel nous créons un Parti politique, c’est d’aller à la magistrature suprême. C’est l’élan du futur. Mais pour le moment nous parlons du CTRI, pour qu’il nous clarifie en toute honnêteté, où va le Gabon…

Merci Monsieur Président de l’Alliance Démocratique Populaire, Fiacre Mpako Ngoma, pour avoir accordé un peu de votre temps au Journal Peuple Infos.

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