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RENTRÉE SYNDICALE DU SEB : HONORINE ANGUE MINTSA ONDO PLACE LA DIGNITÉ DES ENSEIGNANTS ET LA MÉMOIRE DES LUTTES AU CŒUR DU COMBAT

Entre devoir de mémoire, défense des droits des travailleurs et exigence de responsabilité, le Syndicat des Enseignants de la Base (SEB) a officiellement effectué sa rentrée syndicale, samedi 31 octobre 2026, sous la présidence de Honorine Angue Mintsa Ondo. Entourée de plusieurs personnalités politiques, syndicales et juridiques, notamment Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, Samuel Ngwa Ngou, Me Ange Kévin Nzigou et Simon Ndong Edzo, la présidente du SEB a donné le ton d’une nouvelle séquence de mobilisation placée sous le signe de la dignité, de l’écoute de la base et de la préservation du droit syndical.

Le Syndicat des Enseignants de la Base (SEB) entend faire de cette nouvelle rentrée syndicale bien davantage qu’un simple rendez-vous statutaire. Organisée le samedi 31 octobre 2026, sous la présidence de Honorine Angue Mintsa Ondo, cette rencontre a constitué un moment de rassemblement, de réflexion et de projection pour une organisation dont l’ambition demeure la défense des intérêts matériels et moraux des personnels de l’éducation.

La présence de plusieurs personnalités, parmi lesquelles Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, Samuel Ngwa Ngou, Me Ange Kévin Nzigou et Simon Ndong Edzo, figure emblématique du syndicalisme éducatif gabonais, a donné une dimension particulière à cette cérémonie. Au-delà des retrouvailles militantes, les échanges ont permis de rappeler que le syndicalisme ne saurait se réduire à la contestation : il constitue également un espace de dialogue, de transmission, de responsabilité et de construction de solutions durables.

Au centre des interventions, une conviction s’est imposée : la défense de l’enseignant ne relève pas uniquement de revendications administratives ou salariales. Elle touche à la dignité humaine, à la stabilité des familles, à la qualité du système éducatif et, plus largement, à l’avenir du Gabon.

Honorine Angue Mintsa Ondo : « Nous sommes la décision, nous sommes la base »
Dans une intervention empreinte de détermination et d’humilité, la présidente du SEB, Honorine Angue Mintsa Ondo, a tenu à rappeler le sens profond du slogan de son organisation. Pour elle, le syndicat ne saurait être la propriété d’un individu ou d’un cercle dirigeant. Sa légitimité procède avant tout de ses adhérents, dont les aspirations doivent guider chacune de ses décisions.

« Notre slogan n’est pas une simple formule. “Nous sommes la décision, nous sommes la base” », a-t-elle affirmé, soulignant que le Bureau national n’est que l’instrument de la volonté collective. Une déclaration qui traduit sa volonté de promouvoir une gouvernance syndicale participative, dans laquelle les responsables sont appelés à servir les travailleurs plutôt qu’à se servir de leur mandat.

La dirigeante a également replacé le combat syndical dans sa dimension profondément humaine. Derrière chaque dossier de régularisation, chaque attente d’avancement ou chaque revendication salariale, a-t-elle rappelé, se trouvent des femmes et des hommes, des familles et des enfants dont la scolarité dépend souvent des revenus parentaux.

« Notre combat syndical ne peut donc pas être uniquement une bataille de chiffres ou de textes administratifs. C’est un combat pour la dignité », a-t-elle martelé. Une formule forte qui résume la philosophie défendue par le SEB : faire de l’amélioration des conditions de travail et de vie des enseignants une priorité incontournable.

Trois messages se dégagent ainsi de son intervention : la souveraineté des adhérents, la dignité des enseignants comme finalité du combat syndical et l’humilité comme principe de conduite des responsables élus.

La délégation de l’Estuaire plaide pour l’unité et le dialogue social

Dans le prolongement de cette vision, la représentante de la délégation de l’Estuaire a insisté sur les exigences qui doivent accompagner l’engagement syndical. Face aux défis qui attendent les personnels de l’éducation, elle a appelé les militants à faire preuve d’unité, de discipline et de fidélité aux intérêts collectifs.

« Notre réussite dépendra de notre capacité à rester unis, à faire preuve de discipline, à privilégier l’intérêt collectif et surtout à demeurer constamment à l’écoute de la base », a-t-elle déclaré. Une exhortation qui rejoint directement le message porté par la présidente du SEB : la force d’une organisation réside dans sa capacité à rester connectée à celles et ceux qu’elle représente.

La représentante a également défendu une approche fondée sur la responsabilité partagée entre les enseignants et les pouvoirs publics. Pour elle, l’amélioration du système éducatif ne peut être le résultat d’une action isolée. Elle nécessite une volonté commune, un dialogue permanent et une véritable synergie entre les différents acteurs concernés.

Me Ange Kévin Nzigou : préserver un héritage conquis par les luttes
La communication de Me Ange Kévin Nzigou, avocat, a constitué l’un des temps forts de cette rentrée syndicale. En abordant le thème du droit syndical comme héritage à conserver, l’intervenant a replacé l’action du SEB dans une perspective historique, juridique et citoyenne.

D’emblée, l’avocat a salué la posture revendiquée par l’organisation : celle d’un syndicalisme capable de dire la vérité sans verser dans l’invective. « On n’est pas là pour insulter mais on peut dire la vérité dans le respect », a-t-il souligné, estimant que cette démarche, fondée sur la lucidité, la sincérité et la capacité d’accompagnement, mérite d’être encouragée.

Revenant sur le thème de la rencontre, il a rappelé que la rentrée syndicale constitue un moment de refondation, de fixation des priorités et de réaffirmation des droits des travailleurs. Le droit syndical, a-t-il expliqué, n’est pas une faveur accordée par les autorités, mais une conquête obtenue au prix de luttes pour la dignité, la liberté, l’égalité et la justice sociale.

Son rappel historique, consacré notamment à l’évolution du droit syndical dans les territoires africains placés sous administration française, a permis de souligner le chemin parcouru depuis une époque où les possibilités d’organisation des travailleurs africains demeuraient fortement limitées. La référence à la conférence de Brazzaville de 1944 et au décret du 7 août 1944, évoqués au cours de sa communication, a illustré les étapes de cette évolution.

Simon Ndong Edzo : le leadership syndical, entre mobilisation et lucidité
Figure de référence du syndicalisme dans le secteur éducatif gabonais, Simon Ndong Edzo a livré un témoignage marqué par l’expérience des luttes, les réalités de la mobilisation et les responsabilités parfois solitaires qui accompagnent l’exercice du leadership syndical.

Pour le doyen, les enseignants occupent une place particulière dans la société en raison de leur accès à l’information et de leur capacité à analyser les réalités nationales. « Les enseignants sont les plus renseignés de la République », a-t-il affirmé, insistant sur la nécessité, pour les responsables syndicaux, de tenir compte du discernement de leurs collègues.

À travers son évocation des longues périodes de grève, des retenues sur salaire et des moments où certains militants regagnent leurs postes tandis que les responsables restent en première ligne, Simon Ndong Edzo a rappelé le coût humain et matériel de l’engagement syndical. Il a notamment relaté avoir subi onze mois de coupure de salaire et évoqué une grève de la faim menée par des dirigeants syndicaux.

Son témoignage porte ainsi un avertissement aux nouvelles générations : la mobilisation doit s’accompagner de lucidité, de préparation et d’une connaissance approfondie des réalités du terrain. Le courage est indispensable, mais il ne dispense ni de la réflexion ni de l’évaluation des rapports de force.

Au terme de cette rentrée syndicale, un fil conducteur relie les différentes interventions : la nécessité de bâtir un syndicalisme à la fois combatif, responsable et profondément attaché à sa base. Honorine Angue Mintsa Ondo a placé la dignité des enseignants au cœur de l’action du SEB ; la représentante de l’Estuaire a défendu l’unité et la responsabilité partagée ; Me Ange Kévin Nzigou a rappelé la valeur historique et juridique du droit syndical ; tandis que Simon Ndong Edzo a insisté sur la lucidité nécessaire à la conduite des luttes.

Pour le SEB, l’enjeu est désormais de maintenir la cohésion de ses adhérents, de consolider sa crédibilité et de faire vivre un dialogue social susceptible de déboucher sur des avancées tangibles. Il lui faudra conjuguer fermeté dans la défense des droits, ouverture à la concertation et transparence dans la conduite de ses engagements.

Valéry M

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