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WEBINAIRE DE L’UM6P AVEC LES JOURNALISTES GABONAIS : la science africaine au service de la souveraineté minière et industrielle du Gabon

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Au moment où le Gabon entend franchir un nouveau cap dans la valorisation de ses ressources naturelles et accélérer sa transformation industrielle, l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) du Maroc se positionne comme un partenaire scientifique de premier plan. Au cours d’un webinaire réunissant des journalistes gabonais et des experts de cette institution, les échanges ont mis en lumière l’importance de la recherche appliquée, de la formation des compétences locales et de l’innovation technologique pour faire passer le continent du simple statut de producteur de matières premières à celui d’acteur de la transformation industrielle.

L’ambition d’une industrialisation africaine fondée sur la connaissance a constitué le fil conducteur de ce webinaire conduit par Eugénie Klein, autour du thème : « Du minerai au produit transformé : la science africaine au service de la souveraineté minière et industrielle du Gabon ».

En ouverture, Salma Bouaissi, représentante du Bureau communication et relations publiques de l’UM6P, a présenté les grandes orientations de cette université inaugurée en 2017 par Sa Majesté le roi Mohammed VI, avec le soutien du groupe OCP. Pensée comme un véritable moteur de recherche, d’innovation et de développement du capital humain, l’institution s’est assigné une mission ambitieuse : apporter des réponses concrètes aux défis africains, notamment la gestion rationnelle des ressources naturelles, l’industrialisation durable et l’élaboration de politiques publiques adaptées.

Implantée à Benguerir, à proximité de Marrakech, sur un vaste domaine de 1 000 hectares mis à disposition par le groupe OCP, l’université développe un modèle académique qui rapproche les connaissances scientifiques des réalités industrielles. Ses infrastructures, notamment les laboratoires CoreLabs et le Green Energy Park, illustrent cette volonté de transformer les résultats de la recherche en applications concrètes, qu’il s’agisse de tests scientifiques avancés ou de technologies énergétiques expérimentées en conditions réelles.

L’expérience de François Junior Oyabi, alumni gabonais de l’UM6P, est venue donner une dimension humaine et concrète à cette ambition. Après un premier parcours universitaire au Maroc, à l’Université Cadi Ayyad de Marrakech, où il a obtenu un bachelor en ingénierie mathématique, ce jeune compatriote envisageait initialement de poursuivre ses études en France ou au Canada, avant de découvrir l’UM6P à l’occasion d’une conférence à laquelle l’avait invité un ami. Une orientation qui a marqué son parcours académique et professionnel.

Après ses études, il a travaillé au Maroc, puis en Afrique du Sud, avant de regagner le Gabon pour mettre ses compétences au service de son pays. Il y a créé son propre cabinet de conseil spécialisé dans l’ingénierie des affaires et l’accompagnement de partenaires internationaux désireux de s’implanter sur le marché gabonais.

À travers cette trajectoire, François Junior Oyabi illustre la capacité de la formation universitaire à produire des profils capables de conjuguer expertise technique, ouverture internationale et entrepreneuriat local. Son témoignage rappelle surtout qu’investir dans la formation des jeunes Africains, c’est aussi préparer leur capacité à porter des projets structurants et à contribuer directement au développement économique de leurs pays.

Le volet scientifique et industriel a été particulièrement développé par le professeur Mostafa Benzaazoua, directeur du Geology and Sustainable Mining Institute (GSMI) de l’UM6P. Fort d’une expérience de plus de 25 ans dans l’enseignement et la recherche au Canada, ce spécialiste en géologie et en génie minéral a présenté les ambitions et les performances de cet institut créé en 2021.

En cinq années d’existence, le GSMI affiche déjà des résultats significatifs : 458 publications scientifiques, 59 projets de recherche en cours, plus de 200 membres, 43 chercheurs et experts, plus de 35 partenariats institutionnels et industriels et un effectif de doctorants qui dépasse désormais les 90. Pour son directeur, ces résultats traduisent une dynamique dans laquelle la recherche, l’innovation et la formation se nourrissent mutuellement.

Sa stratégie repose sur trois piliers complémentaires : la recherche-développement et l’innovation, la formation des experts de demain, notamment au niveau doctoral, et les prestations scientifiques spécialisées destinées à répondre aux besoins concrets des partenaires industriels. L’institut intervient ainsi sur l’ensemble de la chaîne de valeur minière, depuis l’exploration des gisements jusqu’à la fermeture des mines, en passant par l’exploitation, le traitement et le raffinage des minerais.

Le professeur a également insisté sur la nécessité de décloisonner les disciplines, en associant géologie, ingénierie minière, traitement des minerais et sciences environnementales. Trois grands axes structurent ses recherches : les géosciences et la géoexploration, l’exploitation minière et le traitement des minerais, ainsi que la durabilité et l’environnement minier. Une approche qui intègre notamment la valorisation des rejets miniers, le recyclage de l’eau, la décarbonation des procédés industriels et la réduction de l’empreinte environnementale des exploitations.

En plus des performances scientifiques et des équipements de pointe, le message du professeur Mostafa Benzaazoua à l’endroit du Gabon revêt une portée stratégique : la souveraineté minière ne saurait se limiter à la possession des ressources naturelles ; elle suppose également la maîtrise des connaissances, des technologies, des procédés de transformation et des compétences humaines nécessaires à leur valorisation. À cet égard, il a souligné l’importance de développer davantage les formations spécialisées en génie minéral, en géologie, en exploitation minière et en procédés de transformation, tout en ouvrant plus largement les portes de l’UM6P aux étudiants gabonais.

Le professeur a d’ailleurs exprimé son souhait de voir prochainement davantage de doctorants gabonais intégrer le GSMI, qui accueille déjà des étudiants venus de plusieurs pays africains, notamment de la RDC, de la Côte d’Ivoire, du Burkina Faso, du Nigeria et du Togo.

L’institut entretient également des relations avec des partenaires industriels et accompagne des cadres du secteur minier, notamment à travers des formations continues auxquelles participent déjà des professionnels gabonais de Management. Ainsi, ce rendez-vous entre journalistes gabonais et universitaires marocains aura permis de rappeler une évidence : pour réussir son ambition de transformation locale des ressources minières, le Gabon doit faire de la science, de la recherche appliquée, de l’innovation et de la formation spécialisée des leviers incontournables de son développement.

Parce que, au-delà du minerai extrait, c’est bien la capacité à produire du savoir, à maîtriser les procédés industriels et à former ses propres experts qui déterminera la véritable indépendance économique et industrielle du pays.

Par Valéry M / Peuple Infos

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