Le Gabon et Eramet scellent un partenariat stratégique pour la transformation de 700 kt par an de minerai de manganèse d’ici fin 2031 au Gabon
Le Gabon amorce une étape majeure dans sa stratégie d’industrialisation. À Paris, Eramet, sa filiale gabonaise Eramet Comilog et le gouvernement gabonais ont signé un protocole d’accord ambitieux destiné à transformer durablement la chaîne de valeur du manganèse. Paraphé en présence du président de la République gabonaise, Brice Clotaire Oligui Nguema, et de son homologue français Emmanuel Macron, cet accord traduit la volonté commune de faire du Gabon un acteur de référence dans la transformation locale de cette ressource stratégique.
Au-delà de l’exploitation minière, il s’agit désormais de créer davantage de valeur ajoutée sur le territoire national, de stimuler l’emploi industriel et de positionner le pays au cœur des chaînes d’approvisionnement des métaux essentiels à la transition énergétique.
Au cœur de cette feuille de route figure un objectif particulièrement ambitieux : porter à près de 700 000 tonnes de minerai de manganèse transformées chaque année au Gabon d’ici à la fin de 2031. Pour y parvenir, trois projets industriels majeurs seront étudiés. Le premier prévoit la construction, dans la région de Libreville, d’une usine de production d’oxyde de manganèse destinée aux batteries pour véhicules électriques et aux aciers de haute performance, avec une première mise en service envisagée dès 2028.
Le deuxième concerne la réhabilitation et la modernisation du Complexe Métallurgique de Moanda afin d’en améliorer durablement la rentabilité et d’en relancer les capacités de production à l’horizon 2029. Enfin, le troisième projet porte sur la création d’une nouvelle usine d’alliages de manganèse à proximité de la côte, appelée à devenir l’un des principaux pôles industriels du secteur à partir de 2031, sous réserve des conditions techniques, énergétiques et financières requises.
Ce partenariat repose également sur un cadre de gouvernance rigoureux destiné à garantir la viabilité des investissements. Le protocole établit un mécanisme de coopération permanent entre l’État gabonais, Eramet et Eramet Comilog afin d’assurer le suivi des projets, d’évaluer leur rentabilité et de lever progressivement les contraintes identifiées.
La question énergétique y occupe une place centrale : le gouvernement gabonais s’engage à développer les infrastructures nécessaires pour fournir une énergie compétitive, condition indispensable au développement des futures unités métallurgiques. Un comité de suivi, réunissant les différentes parties au moins une fois par trimestre, veillera à l’avancement des projets et à la mise en œuvre des engagements pris.
L’accord dépasse toutefois le seul secteur minier en intégrant une forte dimension environnementale et industrielle. Eramet et Eramet Comilog accompagneront ainsi le développement d’une filière nationale de biocharbon, produite à partir des coproduits de l’industrie forestière. Déjà amorcée à Lastourville grâce à un four pilote développé en partenariat avec Precious Woods, cette initiative vise à substituer progressivement le coke métallurgique importé par un bio-réducteur local, réduisant ainsi l’empreinte carbone de la transformation du manganèse tout en créant de nouvelles opportunités économiques pour les filières forestières et industrielles.
En parallèle, le lancement du fonds d’amorçage « Fabriqué au Gabon » ambitionne de favoriser l’émergence d’un tissu industriel national capable de générer, à terme, près de 3 000 emplois durables.
Pour Christel Bories, Présidente-Directrice générale d’Eramet, ce protocole d’accord concrétise plus d’une année de travail conjoint avec les autorités gabonaises et marque une nouvelle étape dans l’engagement du groupe en faveur du développement industriel du pays. En misant sur une feuille de route structurée, des études techniques approfondies et un partage clair des responsabilités, les partenaires entendent bâtir un modèle industriel pérenne, compétitif et créateur de richesse.
Valéry M






















