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SANTÉ : À l’IHPA, le secteur privé outillé pour renforcer l’hygiène et la sécurité des soins

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Face à la persistance des risques liés aux infections associées aux soins, les autorités sanitaires gabonaises passent à l’offensive. C’est fort de cet enjeu crucial qu’un atelier de renforcement des capacités, organisé durant cinq jours dans la salle de conférence de l’Institut d’Hygiène Publique et d’Assainissement (IHPA), a réuni des prestataires de soins issus des structures sanitaires privées (FOSA) du Grand Libreville.

Une vue des officiels, lors de la cérémonie de clôture de l’atelier.

Axée sur les exigences minimales en matière de Prévention et Contrôle des Infections (PCI) et d’Eau, Hygiène et Assainissement (WASH), cette session de formation s’est achevée le vendredi 17 avril 2026 par une cérémonie de remise de certificats, marquant ainsi une étape importante dans la professionnalisation du secteur et l’amélioration de la qualité des soins.

Un état des lieux préoccupant

À l’origine de cette initiative, une évaluation menée du 22 au 26 septembre 2025 dans la région sanitaire Libreville-Owendo par l’IHPA. Les résultats ont révélé de profondes insuffisances dans l’application des normes essentielles de PCI-WASH au sein des structures privées.

Une vue des prestataires privés ayant pris part à l’atelier

Parmi les défaillances constatées figurent l’absence de personnel spécifiquement formé aux protocoles de prévention, une gestion approximative des déchets biomédicaux (DASRI), ainsi que des difficultés persistantes dans la stérilisation des dispositifs médicaux réutilisables. À cela s’ajoutent des contraintes d’accès à l’eau potable, des pratiques de bionettoyage inadaptées et une insuffisance notable d’équipements de protection individuelle.

Ces manquements exposent dangereusement patients, soignants et visiteurs à un risque accru d’infections, fragilisant par la même occasion la crédibilité et la performance du système de santé.

Une riposte structurée et ambitieuse

Conscientes de l’urgence, les autorités sanitaires ont opté pour une réponse structurée à travers cette formation intensive. L’objectif : doter les professionnels de santé des compétences nécessaires pour appliquer efficacement les standards internationaux, notamment ceux préconisés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Au cœur de cet atelier, le renforcement des capacités techniques, l’appropriation des Procédures Opérationnelles Standard (SOP) et l’intégration durable des bonnes pratiques dans le fonctionnement quotidien des établissements.

Le dispositif pédagogique, rigoureusement conçu, a alterné exposés théoriques, exercices pratiques et échanges d’expériences, sous la supervision d’une équipe pluridisciplinaire composée de responsables de programmes, de chefs de services et de formateurs spécialisés.

Des acteurs désormais au cœur du changement

Au-delà du transfert de compétences, cet atelier ambitionne de transformer durablement les pratiques. Les participants, désormais mieux formés, sont appelés à devenir de véritables relais du changement au sein de leurs structures respectives.

Le directeur général de la promotion de la santé, Jean Romain MOUROU, en costume, remettant le certificat à un des participants

Lors de la cérémonie de clôture, Jean Romain MOUROU, Directeur générale de la Promotion de la Santé, a rappelé l’importance de l’engagement collectif :

« La prévention des infections est une responsabilité partagée. Elle exige rigueur, constance et exemplarité. »

Avant de souligner avec fermeté : « Vous êtes désormais des acteurs clés du changement. Il vous appartient de traduire les acquis de cette formation en pratiques concrètes, durables et mesurables. »

Un appel clair à l’action, qui place chaque professionnel face à ses responsabilités dans la construction d’un système de santé plus sûr.

Une volonté institutionnelle affirmée

Le directeur général de l’Institut d’Hygiène Publique et d’Assainissement (IHPA), MVE NGUEMA Saturnin, remettant la certificat à une participante

Prenant la parole à son tour, MVE NGUEMA Saturnin, Directeur général de l’IHPA, a salué l’implication des participants et réaffirmé l’engagement de son institution :

« Nous remercions le Directeur général de la promotion de la santé, ainsi que les participants à cet atelier. Comme vous le savez, la prévention contre les infections occupe une place importante au niveau de l’Institut d’Hygiène et de l’Assainissement. » Une déclaration qui illustre la priorité accordée à la prévention dans les politiques sanitaires nationales.

Vers une amélioration durable de la qualité des soins

En renforçant les compétences des acteurs du secteur privé, cet atelier s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation du système de santé gabonais. Il favorise une harmonisation des pratiques et une meilleure conformité aux normes internationales.

L’un des experts formateurs, Éric MOANDA, remettant le certificat à une participante au terme de la formation.

À terme, cette initiative devrait contribuer à réduire significativement les infections associées aux soins, à renforcer la confiance des usagers et à promouvoir un environnement sanitaire plus sûr et plus résilient.

Dans un domaine où chaque geste peut faire la différence, l’investissement dans la formation apparaît désormais comme un levier essentiel pour garantir des soins de qualité.

Valéry M

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