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“Victoire confisquée ? Le SEB dénonce une cabale contre les enseignants et appelle Oligui Nguema à rétablir la justice”

Dans une salle acquise à la cause des enseignants, l’atmosphère était lourde, mêlée de colère contenue et de détermination. Ce lundi 25 mai 2026, le Syndicat des Enseignants de la Base (SEB) a tenu une conférence de presse interpellative. En l’absence de la présidente empêchée, Honorine Angue Mintsa, c’est le Secrétaire général, Nguema Mba Jean Baptiste, qui a porté la voix d’un syndicat convaincu d’avoir été victime de graves irrégularités lors des élections professionnelles du secteur Éducation.

À ses côtés, plusieurs membres du bureau national avaient fait le déplacement : Madame Mabiala Claire Alexia, Trésorier Général Adjoint, Bombenda Fall, Conseiller, Andem Ndong Judith, Point Focal, ainsi que Tala Jean Kodas, également Conseiller. Tous affichaient une même posture : défendre jusqu’au bout ce qu’ils considèrent comme “la victoire légitime de la base enseignante”.

Dès l’ouverture de la conférence, Nguema Mba Jean Baptiste a donné le ton :
« Nous tenons cette conférence de presse pour éclairer l’opinion, dissiper les manœuvres et rétablir la vérité. »
Le responsable syndical est revenu longuement sur la naissance du SEB, né, selon lui, “du refus de confiscation de la parole des enseignants”. Il a rappelé les événements ayant conduit à la grève générale illimitée de décembre 2025 dans le cadre du collectif SOS ÉDUCATION, avant la mutation du mouvement en organisation syndicale structurée.

Pour le SEB, les élections professionnelles de 2026 devaient marquer un tournant démocratique historique dans le monde du travail gabonais. Mais au lieu d’un processus transparent, le syndicat dénonce ce qu’il qualifie de “pilotage à vue”, ponctué de changements de règles, d’opacité administrative et d’irrégularités troublantes.

Des règles modifiées en pleine campagne
L’un des points les plus dénoncés concerne la publication tardive de l’arrêté n°00646 du 27 avril 2026, modifiant le nombre de délégués attribués aux administrations de plus de 15 000 agents.

Alors que toutes les candidatures avaient été déposées sur la base de 10 délégués, le texte est venu porter ce nombre à 15, à la veille du scrutin.

« En pleine dernière journée de campagne, les règles ont été changées. Cela a créé une confusion totale », a dénoncé Nguema Mba Jean Baptiste.

Malgré ce contexte, le SEB affirme être arrivé en tête avec six délégués sur quinze selon les premiers résultats publiés par la CNEP. Mais cette satisfaction aura été de courte durée.

Plus de 1 200 voix introuvables
Le SEB pointe également de graves incohérences dans les chiffres officiels.

Selon les données communiquées pour le secteur Éducation, 16 915 électeurs étaient inscrits, 11 970 ont voté et 11 029 suffrages ont été déclarés valablement exprimés. Pourtant, en additionnant les voix obtenues par les différents syndicats, le total n’atteindrait que 9 808 voix.
Un écart de 1 221 voix que le syndicat juge inexplicable.

« Nous avons déposé un recours pour demander des explications. Jusqu’à ce jour, aucune réponse ne nous a été fournie », a affirmé le Secrétaire général sous les regards attentifs des journalistes.

À cela s’ajoute la tenue d’élections partielles dans plusieurs bureaux sans publication préalable de la liste des centres concernés. Le SEB affirme n’avoir jamais reçu les informations demandées au ministère du Travail afin d’y déployer ses représentants.

Plus troublant encore : le nombre d’inscrits serait mystérieusement passé de 16 915 à 25 579 électeurs.

« Nous ne savons ni quand ni comment ces nouvelles inscriptions ont été effectuées », a insisté le responsable syndical.

“Un arrêté fantôme” qui alimente la suspicion

Le moment le plus marquant de la conférence est intervenu lorsque le SEB a évoqué l’existence supposée d’un nouvel arrêté attribuant désormais 16 délégués aux ministères de plus de 15 000 agents.

Selon le syndicat, ce seizième siège aurait immédiatement été accordé à une organisation concurrente, sans publication officielle du texte.

« Nous avons demandé copie de cet arrêté à la CNEP et au ministère de la Fonction publique. Personne n’a pu nous le fournir », a déclaré Nguema Mba Jean Baptiste.

Pour le SEB, ces changements successifs sans transparence constituent une tentative manifeste de remise en cause de son succès électoral.

« Nous en sommes convaincus : le SEB est la cible d’une cabale », a-t-il martelé.
Des enseignants qui réclament simplement le respect de leur vote

Au-delà des chiffres et des textes administratifs, cette conférence de presse aura surtout mis en lumière le profond malaise qui traverse aujourd’hui le monde enseignant gabonais.

Car derrière cette bataille syndicale, c’est la question du respect de la parole des enseignants qui est posée.
Le SEB estime que l’administration refuse d’accepter l’émergence d’un syndicat issu directement de la base et porté par des enseignants lassés des arrangements opaques et des décisions prises sans consultation.

Le syndicat dénonce également son exclusion des dispositifs d’observation des examens de fin d’année, alors même qu’il revendique être l’organisation majoritaire du secteur.

« Comment comprendre que la tutelle ne respecte pas le choix des enseignants ? » s’est interrogé le Secrétaire général.

Un appel solennel au Président Brice Clotaire Oligui Nguema

Face à cette situation, le SEB a lancé un appel direct au Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, afin qu’il intervienne personnellement pour garantir la transparence et l’équité.

Dans une adresse empreinte de gravité, Nguema Mba Jean Baptiste a déclaré :
« Excellence Monsieur le Président de la République, ne permettez pas que certains de vos collaborateurs boycottent votre action sociale. Les enseignants, qui représentent une part importante des Gabonais qui vous ont élu, vous parlent en tant que père. Veillez à l’équité. »

Le message est fort. Car au-delà d’un contentieux syndical, c’est désormais la crédibilité des premières élections professionnelles du pays qui se retrouve questionnée.

Le président de la République, qui a fait de la restauration de la confiance entre l’État et les citoyens un axe majeur de son action, ne pourra sans doute rester indifférent à cette interpellation venue des salles de classe et des provinces du Gabon.

Dans un pays où l’école demeure l’un des piliers essentiels de la cohésion nationale, ignorer le malaise des enseignants reviendrait à fragiliser l’avenir même de la jeunesse gabonaise.

Malgré les tensions, le SEB affirme vouloir poursuivre son combat dans le strict respect des institutions.
« Le SEB utilisera toutes les voies légales pour que votre vote soit respecté et que votre dignité soit rétablie », a conclu Nguema Mba Jean Baptiste sous les applaudissements nourris des militants présents.

Une chose apparaît désormais certaine : le bras de fer entre le Syndicat des Enseignants de la Base et les autorités administratives est loin d’être terminé.

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