Marc Nicolas ONDO : vingt-quatre mois derrière les barreaux à Makokou, une détention qui prend une tournure diplomatique inquiétante
Près de deux ans de détention préventive, une innocence constamment revendiquée, une famille qui dénonce une erreur d’identité et, désormais, l’implication alléguée des autorités slovaques et européennes : l’affaire Marc Nicolas ONDO dépasse progressivement les frontières du Gabon.
Alors que son entourage affirme que plusieurs démarches diplomatiques seraient restées sans réponse concrète, une question s’impose avec une acuité nouvelle : jusqu’où peut aller une détention préventive lorsqu’elle finit par devenir, au-delà du prétoire, une affaire diplomatique ?
Vingt-quatre mois ou presque. Vingt-quatre mois durant lesquels Marc Nicolas ONDO est privé de liberté à la Prison centrale de Makokou, dans le cadre d’une procédure portant sur un important trafic présumé de stupéfiants. Vingt-quatre mois pendant lesquels l’intéressé, selon sa famille, n’aurait cessé de contester les faits qui lui sont reprochés et de proclamer son innocence.
Mais derrière le dossier pénal se dessine désormais une autre réalité, plus sensible encore : celle d’une détention dont la durée et les circonstances alléguées ont fini par franchir le seul périmètre judiciaire national.
Car, selon ses proches, Marc Nicolas ONDO soutient depuis son interpellation, en novembre 2024, qu’il serait victime d’une erreur d’identité. Une affirmation particulièrement lourde de conséquences si elle devait être confirmée par les autorités compétentes, puisqu’elle placerait au cœur du dossier non seulement la question de la responsabilité pénale, mais aussi celle de l’identification même de la personne poursuivie.
Une détention préventive devenue le cœur de la controverse
Au fil des mois, c’est moins la seule nature des accusations qui mobilise les interrogations que la durée de la privation de liberté.
La famille de Marc Nicolas ONDO estime que la prolongation de sa détention soulève désormais de sérieuses questions au regard des garanties attachées à la liberté individuelle et des règles encadrant la détention préventive.
Dans ce contexte, le calendrier judiciaire devient lui-même un élément central du débat. Pour les proches du détenu, l’affaire aurait atteint un point où une clarification judiciaire rapide apparaît indispensable : soit les charges sont suffisamment établies pour justifier la poursuite de la procédure dans le respect des règles applicables, soit les autorités doivent tirer les conséquences qui s’imposent de la situation personnelle et procédurale de l’intéressé.
Cette exigence de clarification est d’autant plus forte que l’accusé, comme tout justiciable, bénéficie de la présomption d’innocence tant qu’une condamnation définitive n’est pas intervenue.
Quand le dossier gabonais s’invite sur le terrain diplomatique
C’est ici que l’affaire change de dimension. Marc Nicolas ONDO possède, selon les informations communiquées par sa famille, la double nationalité gabonaise et slovaque. Cette particularité confère au dossier une dimension consulaire et diplomatique supplémentaire.
La Slovaquie étant membre de l’Union européenne, les proches du détenu affirment avoir saisi les autorités slovaques ainsi que des institutions européennes afin qu’elles puissent obtenir des éclaircissements sur les conditions de son arrestation, le déroulement de la procédure et la durée de sa détention.
Selon les mêmes sources familiales, plusieurs démarches auraient été entreprises au niveau diplomatique. Le ministre slovaque des Affaires étrangères aurait notamment adressé des correspondances à son homologue gabonais ainsi qu’au ministre de la Justice, Garde des Sceaux, afin d’obtenir des informations sur l’évolution du dossier.
L’ambassadeur de Slovaquie compétent pour le Gabon aurait, lui aussi, engagé des démarches auprès des autorités gabonaises.
Si ces éléments étaient officiellement confirmés, ils constitueraient un développement significatif : une procédure pénale individuelle serait alors devenue un sujet suffisamment sensible pour mobiliser les canaux diplomatiques entre deux États.
Récit/Peuple Infos














