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Gabon / Ntchaye Issogui Onanga Gustave : La lumière du plus Jeune Gouverneur du Gabon.

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Le Gabon, au cœur d’une crise socio-politique, économique et culturelle sans précédent, s’assombrit à pas feutré, en cherchant désespérément l’étincelle susceptible d’enclencher la luminosité de la moralité sociale en vue d’un retour à la normale du fonctionnement de l’Etat et, de l’intégrité des gouvernants du pays. Or, tous autant que nous sommes, savons qu’en toute logique, pour changer un mot de passe, il faut faire intervenir l’ancien. Mieux, pour avancer sûrement, il serait raisonnable de consulter de temps en temps, les anciennes autorités de la République afin de profiter de leur éclairage moral et intellectuel.

C’est fort de cette norme, qu’il est sage d’impliquer les illustres personnalités dont les états de service demeurent indélébiles, dans le processus de réflexion et d’élaboration des stratégies pour l’amélioration des conditions de vie des gabonais et partant, pour l’essor de la nation. Parmi ces anciennes lumières jetées dans les oubliettes, pourtant, encore d’actualité, il y a un certain Ntchaye issogui Onanga Gustave, le plus jeune Gouverneur du Gabon, ayant officié dans les provinces l’Estuaire et de la Nyanga de 93 à 97.

VERBATIM :

Je suis Ntchaye issogui Onanga Gustave. Je fûs le plus jeune Gouverneur de l’histoire du Gabon (30 ans). Et, deux fois Secrétaire Général au gouvernorat de l’Estuaire. Je suis à la base, un administrateur civil en chef. Il faut rappeler que le titre de Gouverneur de la République, est un titre à vie.

En effet, il y a deux domaines : celui de la gestion de la nation et celui de la gestion de l’Etat et le Commandement territorial. Parce que, celui qui commande le territoire, représente le Chef de l’Etat et l’ensemble de son gouvernement. Il est également le porte-parole de ces derniers auprès des populations de la province dont-il assure les fonctions.

Bref, il y a en réalité cinq titres dans les hautes fonctions que l’on porte à vie, notamment, celui de Président de la République ; Gouverneur ; Préfet ; Sous-préfet ; et celui des Parlementaires (Députés et Sénateurs). Ce sont des personnalités qui ont battues les routes et pavés du Gabon pavillon gabonais flottant, et, ont reçues le jour de la commémoration de l’indépendance du Gabon, la retraite au flambeau des forces armées gabonaises. De plus, ce sont des personnes qui ont décorées les notables et les personnalités de la République. A titre d’exemple, j’ai décoré Antoine Depadou Mboumbou Miyakou, quand j’étais Gouverneur de la Nyanga.

Conscient de la situation actuelle du Gabon, j’ai pris l’initiative de créer l’Association Patriotique éclérée du Gabon (APEG) parce que nous constatons que le Gabon ne se porte pas bien. Et les perspectives ne sont pas bonnes. Parce que l’otopsie du pays n’a pas été bien faite sur le plan de la politique et de la vie publique. Le Gabon souffre d’une maladie qui, si elle n’est pas soignée, ne peut pas faire espérer les lendemain meilleurs.

Il faut dire que le Gabon souffre d’un problème de moralité. Je dis bien, moralité. Si les plus hauts dirigeants se comportent comme si c’était des parrains de mafia, on ne peut rien espérer. Si on prend les jeunes, on les expose, on les exploite, sans les récompenser, sous prétexte qu’ils devraient appartenir à certaines philosophies, cela ne peut que servir à tuer les valeurs humaines et à faire régresser le pays. Et, j’en suis l’une des victimes.

A priori, il y a l’instruction, qui forme la carapace des uns et des autres. C’est l’homme la première richesse d’un pays. Et, l’instruction qui n’est pas assise sur une solide éducation de base, ne peut pas porter des fruits. Si l’élite de la nation est convertie en élite de voleurs, de pilleurs etc ; si la moralité n’est pas respectée ; si on promeut les jeunes élites du pays sur la base de l’immoralité ; si l’élite se met à piller leur propre pays, le Gabon ne peut que être en danger, tel que nous l’observons présentement.

Toutefois, je ne crois pas que le problème du Gabon, c’est le président Ali Bongo Ondimba. Ces tares que je dénonce ont longtemps perdurées dans ce pays. Ce n’est pas un problème lié à Ali, même s’il se trouve lui qui fixe le cap de sa vision politique, et qui, par conséquent, endosse les échecs de ses collaborateurs incompétents. Mais, il faut reconnaître que ce n’est pas Ali, qui a mis au monde cette immortalité ambiante. Peut-être pourrions-nous lui reprocher qu’il ne se bat pas suffisamment pour éteindre cela. Il a sans doute, en tant que President de la Republique, une responsabilité. Mais ce n’est pas lui la cause.

Sur le plan socio-économique, j’aurais appris que la Banque Mondiale a annoncé que le Gabon est actuellement le pays le plus riche d’Afrique. Mais, je ne sais sur quel plan ! Écoutez, nos encêtres se méfiaient de l’homme blanc […] ils nous rappelaient que « si tu te baignes avec un blanc, n’ose pas mettre toute ta tête dans l’eau » parce qu’il faut savoir qu’il est le benjamin de la race humaine. Donc il ne faut pas vous étonner qu’il soit porteur de lumière, comme tous les benjamin issus de chaque famille. C’est nul doute pourquoi ils sont beaucoup choyés par les mamans.

Mais, attention ! Si nous laissons le blanc seul, en le regardant faire, et en nous faisant gober n’importe quoi, ils entraîneront inéluctablement le monde à sa finition. Nous devons donc nous méfier de ce type de déclaration. Car, nous n’en savons pas la face cachée. Car, ils ne font rien, pour rien ! Ces annonces sont sans doute, intéressées. Bref, on ne peut faire une telle déclaration pour un pays qui vit d’emprunts comme le Gabon. Un pays où les trois quart des populations croupissent dans la misère.

Par ailleurs, concernant l’APEG, qui est une jeune Association que j’ai créée, il faut dire que toute chose ne vaut que par celui qui est à la tête. Sauf que, nous avons des problèmes de financement, car en dépit des cotisations irrégulières des membres et, quelques petites aides ponctuelles, je suis, pour le déplorer, le seul à pouvoir financer de temps en temps, nos activités avec mes maigres moyens. Malheureusement, je suis victime d’une maladie qui perdure, ce qui limite mes capacités à poursuivre nos objectifs. Par conséquent, pour le moment, le mouvement, après le décès de certains cadres importants du collège des sages et, la carences de fonds, traverse une léthargie. Néanmoins, les têtes pensantes du cercle de réflexion et le bureau exécutif assurent la permanence et le service minimum, en attendant que nous ne mobilisons les fonds nécessaires pour la relance de nos programmes d’activités.

L’APEG, a été pensée et repensée depuis des longtempsà l’avance. Nous sommes une force de proposition. A cet effet, nous avons pondu, dans le cadre de notre cellule de réflexion, un document stratégique pouvant contribuer efficacement à l’édifice du Gabon. Pour ce faire, nos principales propositions ont été lues par moi-même, lors des négociations du dialogue politique organisées par Ali Bongo à Angondjé. Il suffit de prendre ce discours, pour y trouver les sédiments de ce que l’Apeg peut amener comme lumières à la faveur de la crise que traverse le pays.

Ce qui est déplorable, c’est surtout le fait que la nouvelle génération dirigeante, pense en toute mégalomanie, qu’elle peut tout faire seule, sans la sagesse des vieux bâtisseurs de l’histoire du Gabon. Jetant ainsi, dans les oubliettes, les personnalités de la République qui ont servies la nation par le passé, avec honneur et fidélité. Moi, Ntchaye issogui, j’en fais partie. Trouvez-vous qu’il est normal que le plus jeune Gouverneur de l’histoire du Gabon, soit assujetti à une vie misereuse, d’autant plus que ce dernier a toujours été dans le hit-parade du combat administratif et politique de ce pays ? S’est-il interrogé pour conclure. Espérons que le message est passé…

Valéry M.

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