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À Bizango-Rails, dans le troisième arrondissement de Ntoum, l’espoir suscité par les annonces de renforcement du réseau électrique laisse progressivement place à la colère, au désarroi et à l’incompréhension. Alors que la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) avait communiqué avec emphase sur des travaux destinés à améliorer durablement la desserte en électricité pour plus de 600 ménages, la réalité quotidienne des habitants demeure alarmante : plusieurs familles vivent encore sans électricité et sans accès régulier à l’eau potable, malgré les transformateurs installés depuis des années dans la zone.

Une vue intérieure de l’une des transfos installés à Bizango-Rails depuis des années, sans suite…

Comment expliquer qu’après tant d’annonces officielles, tant de promesses techniques et tant de communication autour de la modernisation du réseau, rien de concret ne soit visible dans certaines parties de Bizango-Rails ? Les populations, elles, continuent d’attendre. Attendre la lumière. Attendre l’eau. Attendre simplement des conditions de vie dignes dans une République qui se veut désormais tournée vers le progrès et la justice sociale.

Pourtant, les infrastructures sont bel et bien là. Des transformateurs ont été implantés depuis plusieurs années par la SEEG. Des poteaux électriques à haute tension ont été dressés. Des réseaux ont été annoncés comme déployés. Mais sur le terrain, de nombreux habitants continuent de s’éclairer à la bougie, de conserver difficilement leurs denrées alimentaires et de parcourir de longues distances pour se ravitailler en eau. Une situation incompréhensible au regard des investissements évoqués et des ambitions affichées par les autorités.

À Bizango-Rails, les populations ne demandent pas le luxe. Elles réclament simplement l’accès aux services sociaux de base. Comment parler de développement local, d’épanouissement des familles ou même de sécurité, lorsque des quartiers entiers restent plongés dans l’obscurité chaque nuit ? Comment encourager l’entrepreneuriat des jeunes ou les activités génératrices de revenus sans énergie électrique stable ? Cette attente interminable fragilise davantage des populations déjà confrontées à la précarité.

Cette situation interpelle directement les responsables en charge de l’énergie, mais également les autorités administratives locales qui peinent manifestement à apporter des réponses concrètes aux préoccupations des habitants. Car au-delà des communiqués techniques et des chiffres annoncés, c’est la réalité sociale qui doit désormais primer.

Le président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, qui porte la vision d’un Gabon nouveau à l’orée de la 5ᵉ République, peut-il rester indifférent à une telle situation ? Lui qui prône la restauration de la dignité des Gabonais, l’amélioration des conditions de vie et une gouvernance de proximité, ne saurait cautionner que des citoyens continuent de vivre sans électricité ni eau dans une zone pourtant ciblée par des projets d’électrification.

Les habitants de Bizango-Rails lancent ainsi un appel pressant au Chef de l’État afin qu’il regarde de plus près cette situation qui contraste avec les ambitions de transformation du pays. Car la 5ᵉ République ne pourra véritablement prendre corps que si les promesses faites aux populations se traduisent enfin par des actes visibles et des résultats concrets sur le terrain.

Aujourd’hui, à Bizango-Rails, l’urgence n’est plus aux annonces. Elle est à l’action.

Valéry M

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