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Il y a des soirées qui ne s’effacent pas de la mémoire collective. Celle du 1er août 2026 restera gravée comme un moment fondateur dans l’histoire culturelle du Gabon. Omboué n’a pas simplement accueilli un concert. La cité ancestrale de Pierre-Claver Akendengué a franchi un cap. Elle s’est révélée au pays tout entier comme un territoire capable de porter une grande ambition culturelle.

Sous le thème évocateur « Retour aux sources originelles », des milliers de Gabonais venus de Port-Gentil, de Libreville, des provinces de l’intérieur et de la diaspora ont convergé vers cette ville devenue, le temps d’une soirée exceptionnelle, la capitale culturelle du Gabon.

Le spectacle fut à la hauteur de l’histoire. Pendant près de trois heures, Pierre-Claver Akendengué a offert bien plus qu’une prestation artistique : il a célébré une mémoire, transmis un héritage et rappelé la puissance d’une œuvre qui appartient désormais au patrimoine national.

Les voix réunies du public reprenant ses chansons, l’émotion qui traversait chaque instant, la communion entre les générations et cette ferveur populaire ont transformé ce rendez-vous en un événement dont la portée dépasse largement le cadre d’un simple concert.

Mais la véritable leçon de cette soirée se trouve peut-être ailleurs.

OMBOUÉ A DÉMONTRÉ QU’ELLE EST PRÊTE 

Elle a démontré qu’elle peut accueillir un événement culturel d’envergure nationale et internationale. Elle a prouvé que les rêves d’hier peuvent devenir les projets de demain.

Pendant longtemps, certains ont évoqué l’accessibilité comme un obstacle insurmontable. Cet argument appartient désormais au passé. Grâce à la route entièrement bitumée reliant Port-Gentil à Omboué, praticable en toute saison, la ville est désormais accessible en environ une heure quinze.

 

Ce trajet, loin d’être une contrainte, devient une expérience en soi : une traversée majestueuse entre forêt équatoriale, lagunes et mangroves, au cœur de paysages qui font partie des richesses naturelles exceptionnelles du Gabon.

ALORS, OSONS POSER LA QUESTION ESSENTIELLE :

Pourquoi le Gabon ne créerait-il pas à Omboué un grand festival annuel dédié aux musiques, aux arts, à la mémoire et aux traditions ?

Pourquoi ne pas instituer le Festival International Pierre-Claver Akendengué, un rendez-vous capable de réunir artistes, chercheurs, passionnés de culture, touristes, investisseurs et amoureux du patrimoine venus d’Afrique et du monde entier ?

Un tel événement serait bien plus qu’un festival. Il serait un instrument de développement territorial.

Il contribuerait à dynamiser toute l’Ogooué-Maritime à travers l’hôtellerie, la restauration, l’artisanat, le transport, le tourisme écologique, l’économie créative et la création d’opportunités pour la jeunesse.

La question du financement ne doit pas être un frein. Les leviers existent.

Les grandes entreprises implantées dans la province consacrent chaque année des moyens significatifs à leurs politiques de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE). Quelle meilleure expression d’une RSE concrète, durable et porteuse de sens que de soutenir un événement qui célèbre notre patrimoine, accompagne nos artistes, stimule l’économie locale et renforce l’attractivité d’un territoire ?

 

Il est temps de changer de regard sur la culture ; La culture n’est pas une dépense. Elle est un investissement stratégique.

ROMEPA, les collectivités locales, les pouvoirs publics, les opérateurs économiques, les mécènes et les partenaires institutionnels ont aujourd’hui une opportunité historique : celle d’écrire une nouvelle page du rayonnement culturel gabonais.

Le concert du 1er août 2026 n’était peut-être pas une conclusion. Il était peut-être un commencement. Car les grandes nations culturelles sont celles qui savent transformer un événement en institution, un symbole en héritage et une émotion collective en vision d’avenir.

Omboué a lancé un défi au Gabon.

La question n’est désormais plus de savoir si cette ville mérite son festival.

La véritable question est celle-ci : Aurons-nous l’audace politique, économique et culturelle de répondre à l’appel de l’Histoire ?

L’avenir dira si nous avons su entendre cette invitation. Mais une chose est certaine : le 1er août 2026, Omboué a ouvert une porte. À nous de décider si nous voulons la franchir.

Bernard Rokero Wozongo 

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