Gabon/ Cherté des billets d’avion : si le problème se trouvait du côté des transporteurs ?
Le Gabon est réputé comme l’une des destinations les plus coûteuses au monde depuis le début des années 2000. De nombreux voyageurs estiment que Libreville est la destination la plus onéreuse d’Afrique pour les années 2025-2026 en matière de transport aérien. Cette réputation, fondée sur divers chiffres et statistiques, attire autant qu’elle repousse les potentiels touristes et professionnels, soulevant ainsi des interrogations quant au coût du carburant jugé exorbitant, qui serait en autres, à l’origine des tarifs si élevés.
En dépit des efforts déployés pour réduire certaines redevances au fil des ans, le coût d’un billet d’avion, qu’il s’agisse d’un vol au départ ou à destination du Gabon, demeure désespérément élevé comparativement à d’autres pays du continent africain. Ce phénomène incite les voyageurs à explorer des options alternatives, parfois au détriment de la facilité et du confort offerts par les vols directs vers cette nation riche en biodiversité et en ressources naturelles précieuses.
Si les compagnies aériennes attribuent principalement cette situation à une fiscalité étatique jugée excessive, cette analyse s’avère néanmoins trop simpliste. En réalité, la situation complexe du marché aérien gabonais est influencée par un ensemble de facteurs interconnectés qui méritent d’être examinés de plus près. Cette dynamique comprend : le coût élevé du carburant, des redevances publiques qui sont aujourd’hui rigoureusement réglementées, des défis structurels uniques qui caractérisent le marché aérien gabonais, ainsi que des pratiques commerciales quelque peu « opaques » de la part des transporteurs eux-mêmes, qui peuvent occulter des pratiques moins favorables envers les consommateurs.
Les plaintes exprimées par les transporteurs ont atteint un sommet en 2023, avec des accusations à l’encontre de la fiscalité qualifiée d' »asphyxiante ». Selon les estimations avancées par ces acteurs du secteur, cette pression fiscale pourrait représenter jusqu’à 50 % du prix total du billet, un chiffre qui suscite l’émoi et la frustration parmi les passagers confrontés à ces difficultés financières pour voyager. Les effets de cette réalité se font sentir non seulement au niveau des compagnies, mais aussi dans les poches des consommateurs qui aspirent à des voyages abordables.
Pourtant, malgré les vives critiques et le mécontentement croissant, les autorités gabonaises ont fait preuve de réactivité en ajustant leur politique tarifaire au fil du temps, au travers de différents arrêtés pris jusqu’en novembre 2025. Ce processus d’ajustement, bien qu’encourageant, reste imparfait et nécessite un examen approfondi des implications à long terme sur le secteur, notamment en ce qui concerne l’attractivité du Gabon comme destination de voyage pour les touristes internationaux ainsi que pour les hommes d’affaires.
Alors que la compétition entre les différentes compagnies aériennes s’intensifie à l’échelle mondiale, les acteurs du marché gabonais doivent prendre en compte non seulement les contraintes réglementaires qui pèsent sur eux, mais aussi l’évolution des attentes et des besoins changeants des passagers. Dans ce contexte, une collaboration plus étroite entre les compagnies aériennes, les autorités gouvernementales et les agents de voyages pourrait offrir des pistes de solution innovantes pour rétablir un équilibre juste et équitable dans la détermination des prix des billets d’avion.
De plus, il est impératif d’explorer les initiatives qui pourraient alléger la charge fiscale pesant sur les transporteurs, tout en veillant à ce que cela ne compromette pas la qualité des services offerts. Un dialogue constructif entre toutes les parties prenantes est essentiel pour naviguer dans ce paysage complexe et concevoir des solutions pérennes qui profiteront tant aux entreprises qu’aux voyageurs.
En conclusion, le défi lié à la fiscalité dans le secteur du transport aérien au Gabon mérite une attention soutenue afin de transformer cette réalité actuelle, jugée trop pesante pour les usagers, en une opportunité d’innovation et de croissance. En repensant les structures tarifaires et en instaurant des pratiques commerciales plus transparentes, il est possible de revitaliser le marché aérien, d’améliorer l’expérience des passagers et, en fin de compte, de faire de cette nation un moteur de développement et de prospérité dans le domaine du transport aérien en Afrique.
Récit/ Peuple Infos






















