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Gabon/ Le ministre de la fonction publique, Raphaël Ngazouze serait-il mal compris ?

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En toute franchise, la déliquescence administrative dont souffre la fonction publique gabonaise depuis quelques années avant le coup d’Etat, puise en grande partie sa source dans la gestion opaque des membres des gouvernements du régime déchu qui ont précédés l’actuel ministre Raphaël Ngazouze. Une gestion approximative  du service public tant décriée par l’opinion nationale et, en particulier, les partenaires sociaux depuis les assises du Forum de la Fonction publique. Ajouté à cela, l’incapacité des directeurs généraux et/ou des directeurs centraux des ressources humaines à suivre et à collecter de manière rationnelle les chiffres d’entrée et de sortie des fonctionnaires. Un véritable goulot d’étranglement à relever dans ce département ministériel.

Une vue du passage du ministre de la Fonction publique et du renforcement des capacités, Raphaël Ngazouze, en direct sur le plateau de l’émission « Grand Dossier »

En effet, le malaise profond que traverse présentement la gestion globale des agents publics et, spécifiquement le recrutement des ressources humaines à la fonction publique, ne peut se décrire objectivement sur la base d’un élément de réponse exprimé en direct sur un plateau de télévision par un ministre nommé il y a à peine deux mois, et qui, malgré tout, fait du mieux que possible pour remédier dans les délais raisonnables, aux carences laissées par ses prédécesseurs.

D’ailleurs, il importe de rappeler que c’est ce même Raphaël Ngazouze qui, en 2012, membre du gouvernement de Ndong Sima sous le magistère du président déchu, Ali Bongo, était au four et au moulin pour faire aboutir la régularisation de plus de 19.000 dossiers classés dans les oubliettes. C’est également sous sa gestion que le département ministériel dont il a la charge a pu recruter 2100 agents à moins de deux mois de transition. A présent, il est question pour le ministre actuel de la fonction publique, d’envisager la migration vers un système de gestion digitale des fluctuations des agents publics.

Cela dit, avec un regard plus approfondi, on finit par se rendre compte qu’il ne sert à rien de jeter l’opprobre sur le ministre Raphaël Ngazouze pour avoir « manqué de tact » au cour de l’émission « Grand Dossier » diffusée sur Gabon 1ère en direct, le dimanche 12 novembre dernier. Car, le malaise de la fonction publique tire sa source de loin.

Il suffit de refaire un tour dans les annales des revendications brandies il y a quelques années plutôt par les syndicats de ce département ministériel et on s’en apercevra. D’ailleurs, même le leader du MSTGV, Pierre Mintsa, à qui l’opinion attribue le mérite de la « maîtrise » des décrets et des chiffres, suite à son intervention à la fameuse émission, ne dira pas le contraire.

Et, ce n’est non plus le premier ministre de la transition, Raymond Ndong Sima, adoubé par certains agents publics au lendemain de sa nomination pour avoir oeuvré par le passé à la faveur du paiement des rappels soldes en 2013, qui pourra résoudre en un laps de temps ou par un coup de baguette magique, cette gangrène administrative dont les partenaires sociaux ont toujours rapproché à l’ex ministre de la fonction publique déchue.

Même si, certains observateurs avisés ont estimé qu’il était maladroit de la part du chef du gouvernement de transition, Ndong Sima, de se désolidariser de son ministre face à cette épreuve, à des fins inavouées, et ce, à la veille d’une émission télévisée aussi sensible, diffusée en direct de par le monde ; vu les grands enjeux que revêtent cette épineuse question de la fonction publique.

De toutes les façons, l’on ne saurait remettre en cause l’engagement et la bonne volonté du ministre Ngazouze à œuvrer pour la régularisation progressive de la situation des agents publics et, pour le recrutement, l’intégration et le renforcement des capacités des nouveaux diplômés à la fonction publique.

Pour rappel, au terme du diagnostic effectué par les partenaires sociaux lors du forum de la fonction publique, ils avaient recommandé à l’ex ministre Madeleine Berre ce qui suit :

– La poursuite de la réflexion sur le plan progressif de régularisation des situations administratives. Il concernerait les agents ayant déjà fait l’objet d’une réservation de postes budgétaires, ainsi que ceux ayant déjà une fiche bleue dans le circuit de recrutement ;

– La poursuite de la mise en oeuvre des actions relatives à la modernisation de la gestion des ressources humaines , notamment :

– L’instauration des conférences d’intégration et de planification des recrutements ;

– La mise en oeuvre des travaux en rapport avec les cadres organiques ;

– la finalisation des travaux en rapport avec les cadres organique ;

– La finalisation des travaux en rapport avec le RIMEG ;

– L’actualisation de la nomenclenture des corps ;

– La mise en place des autres outils de modernisation de la GRH, dont le manuel de procédures et de pointage physique de la présence au poste.

Autant de propositions faites par les partenaires sociaux, qui sont restées sans suite favorable à l’ère de Madeleine Berre. Et, dont a hérité l’actuel ministre de la fonction publique, Raphaël Ngazouze.

A propos de ce qui est fait par Ngazouze depuis sa nomination, il y a deux mois seulement, nous vous livrons ci-dessous ce qu’il faut retenir entre autres :

1- Les données chiffrées sur l’effectif réel de la Fonction Publique.

A ce jour, la Fonction Publique gabonaise compte un effectif global de 103 819 agents publics dont 58482 agents civils et 45337 autres agents de l’Etat et la Main d’œuvre non permanente (MONP).

2- Les résultats du dernier recensement général des fonctionnaires :

De 2009 à ce jour, la Fonction Publique gabonaise a connu trois (03) recensements (2009, 2018 et 2019).

Aux termes du dernier recensement, 2575 agents absents de leurs poste de travail ont été suspendus de leur solde dont 1116 sont toujours en contentieux.

3 – Le gel de 2015 :

Le gel des recrutements et des régularisations des situations administratives, intervenu depuis 2015 répondait à la nécessité de stabiliser et assainir la masse salariale de l’Etat, qui était déjà très importante d’une part. D’autre part, de mettre en place une nouvelle politique de gestion des ressources humaines de l’Etat.

4 – La situation de la Main-d’Oeuvre Non Permanente (MONP).

L’agent MONP n’est pas géré par la Fonction Publique. Ils s’agit des agents recrutés par une administration. Notamment l’administrateur de crédit, pour accomplir une tâche spécifique.

Les agents MONP sont régis par le Code du Travail et non le Statut Général de la Fonction Publique.

Aussi, le statut d’agent MONP ne donne pas de facto la possibilité de devenir fonctionnaire.

Si l’agent MONP souhaite intégrer la Fonction Publique, il postule au même titre que tout postulant externe, en remplissant les conditions de recrutement, soit par concours soit par recrutement direct.

5 – Le paiement des rappels soldes.

Le calcul et le paiement des rappels des agents publics sont du ressort du Ministère du Budget et des Comptes Publics, notamment la Direction Générale de la Solde.

Toutefois, le paiement des rappels se fait en tenant compte de la régularisation des situations administratives des agents concernés.

A cet effet, les portes du Ministère de la Fonction Publique sont ouvertes, pour recevoir les compatriotes qui souhaiteraient entrer en possession de leur texte.

6 – L’arrimage des pensions retraites.

Il s’agit du calcul des pensions retraites, sur la base du nouveau système de rémunération.

L’arrimage des pensions retraites est du ressort de la CPPF, qui attend jusqu’à ce jour la décision gouvernementale pour harmoniser les pensions au nouveau système de rémunération.

7 – La situation actuelle des dossiers de demande de recrutement déposés à la Fonction Publique.

Le nombre de dossiers déposés à la Fonction Publique depuis le communiqué 013 du CTRI à ce jour s’élève à 108 269.

Le Ministère de la Fonction Publique procédera au recrutement soit direct soit par concours, en fonction des besoins en ressources humaines exprimés par chaque administration du pays et de la disponibilité budgétaire.

8 – Le capital décès.

Le capital décès représente l’allocation allouée aux ayants droits des fonctionnaires et militaires, décédés pendant l’exercice de leurs fonctions. Il faut au préalable fournir :

– Une demande de l’ayant droit ; Le jugement du Tribunal qui établit le mandataire familial ; Les actes de naissance des ayants droit et le l’acte de mariage du conjoint survivant.

Enfin, en attendant que le texte qui autorise le Ministère de la Fonction Publique à démarrer les recrutements et régularisations des situations administratives des agents de l’État, le Ministre Raphaël NGAZOUZE appelle l’ensemble des compatriotes à faire preuve de patience car, les équipes techniques sont à pied d’œuvre.

Peuple Infos/Par Valéry M.

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