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Gabon / Littérature : Frédéric Meyo Bibang, mémoire d’un historien inoubliable.

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Frédéric Méyo Bibang n’est plus. Cependant, ses oeuvre littéraires reste indélébile dans la mémoire du commun des mortels. Auteur du célèbre livre d’histoire qui a fait le tour des écoles primaires au Gabon, « L’histoire est le récit de ce qui s’est passé autrefois » une définition de l’histoire mémorisée et récitée par les tous petits dans les écoles de l’époque…

Le célèbre livre d’histoire de Frédéric Meyo Bibang. « Le Gabon, le Monde »

Lorsque l’on a fait son école primaire au Gabon entre 1970 et 2000, on ne peut pas ne pas se souvenir de cette définition de l’Histoire. Frédéric Méyo Bibang n’était certes pas un « historien » dans le sens scientifique du terme mais personne ne lui reprochera son audace. « Le Gabon, le Monde » nous a donné la base de nos connaissances en histoire.

Ce livre était (est) une « encyclopédie » qui a fait de nous de véritables « érudits ».

Nos premiers contacts avec notre histoire se faisait dans les pages de ce livre. Boouët Willaumez qui signe un traité avec Dénis Rapontchombo, Ntchoréré qui se fait tuer en 1940, le Gabon qui devient indépendant en 1960…plus loin, nous avons appris que les peuls sont un peuple africain de race blanche, qu’il y avait de grands royaumes nommés Fouta Djalon et Fouta Toro. Nous avons appris que Magellan a fait le tour du monde et qu’il a été tué dans un combat après avoir découvert le détroit qui porte son nom, qu’il y avait une route de la soie et une route des épices. Nous avons mesuré l’ampleur de la traite des noirs et des deux guerres mondiales et beaucoup d’autres choses encore.

Frédéric Méyo Bibang était un « didacticien » qui a eu très tôt envie de « bien former » les jeunes gabonais dans un pays qui devait se débarrasser des programmes scolaires laissés par les blancs. Dans un contexte de parti-unique, nous pensons qu’il a fait ce qui lui était permis de faire.

Nous l’avons rencontré en août 2009 à Essassa lors de la campagne de Jean Eyeghe Ndong. Profitant d’une petite pause, nous lui posions la question: « qu’aviez-vous à l’esprit quand vous avez écrit ce livre? », il nous répondait alors « j’avais la rigueur d’un enfant formé par le frère macaire et ces missionnaires de Saint-Gabriel et j’ai toujours pensé qu’un jeune gabonais devait connaître l’histoire de son pays mais aussi l’histoire du monde pour ne pas s’y perdre. J’avais à l’esprit que j’avais quelques connaissances qui pouvaient servir à former les jeunes gabonais et à l’époque, un tel travail demandait de l’énergie et du dévouement. Je pense avoir donné à la jeunesse gabonaise mon énergie et mon dévouement avec ce livre que beaucoup critiquent, mais j’ai fait ma part ».

RIP Frédéric Méyo Bibang

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