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Dans une interview à l’hebdomadaire Jeune Afrique, le vice-président du Gabon, Pierre-Claver Maganga Moussavou a tenté de justifier ses achats de véhicules de luxe. Censée éteindre la polémique, cette interview, qui choque les Gabonais, ne fait que l’attiser. Déjà, des voix s’élèvent de toutes parts pour réclamer des sanctions à l’encontre de Maganga Moussavou et la suppression pure et simple du poste de vice-président.

« A 66 ans, j’espérais pouvoir m’offrir une Bentley sans que cela fasse autant de remous ». C’est ce qu’a déclaré Maganga Moussavou à nos confrères de Jeune Afrique. Mais à voir les réactions outrées des Gabonais, c’est manifestement raté…

Contraint de reconnaître l’existence d’une facture de 158 000 euros pour l’achat d’une Bentley Continental GT, commandée en avril et payée en totalité en octobre, soit trois mois seulement après sa nomination au poste de vice-président, Pierre-Claver Maganga Moussavou, a déclaré qu’il n’avait pas fait cet achat avec de l’argent public.

Pas sûr pour autant que ces propos soient de nature à éteindre la polémique née de ces révélations. D’autant que le vice-président, rappelle Jeune Afrique, est « un passionné de voitures de luxe et un habitué des concessions automobile de Paris. » Il posséderait ainsi plusieurs véhicules de luxe dont « des Range Rover, une Jaguar, une limousine, des Mercedes, » etc., précise l’hebdomadaire.

Des voix s’élèvent pour réclamer la suppression du poste de vice-président. A Libreville, comme ailleurs dans le pays, une question est sur toutes les lèvres : comment Maganga Moussavou a-t-il fait pour acquérir un tel parc automobile ? L’intéressé a la réponse : « je travaille jour et nuit et depuis longtemps […] Je suis à la tête d’un patrimoine acquis sainement, dans l’immobilier, dans l’élevage, les plantations, etc. » Et le VP de lancer : « mon salaire est de 4 millions de FCFA, sans prime. C’est moins qu’un agent de sécurité d’Emmanuel Macron ».

Pas sûr, ici aussi, que les Gabonais apprécieront cette remarque à l’heure où un effort salarial est demandé aux fonctionnaires, très nombreux dans le pays. Déjà, des voix s’élèvent au sein de la classe politique, tous bords confondus, pour réclamer une sanction à l’encontre de Maganga Moussavou. Certains vont plus loin encore et réclament la suppression du poste de vice-président qui, disent-t-ils, « n’apporte rien à nos institutions et grève le budget de l’Etat à l’heure où des efforts importants sont demandés aux fonctionnaires gabonais pour permettre le retour à l’équilibre des comptes publics. »

Recit/ Florent Mbadinga

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