ALERTE ! Gabon Poste liquidée : depuis 19 ans déjà – le Plan social toujours impayé – Près de 100 morts enregistrés – les déflatés interpellent le Chef de l’État
Parmi les 800 anciens agents de GABON POSTE licenciés il y a 19 ans, plus d’une centaine a succombé aux conséquences de la pauvreté la plus aiguë. En effet, la liquidation de cette société en 2006 n’a pas été suivie du versement des compensations dues à ces ex-salariés. En l’absence d’un plan social, ces nombreux pères et mères se retrouvent dans une détresse financière abjecte, incapables de subvenir à leurs besoins de base tels que la scolarisation de leurs enfants, l’accès aux soins médicaux, une alimentation adéquate et un logement décent, tout cela sous le regard indifférent des autorités de tutelle.

Une vue des ex-agents de Gabon Poste liquidée, lors de l’un de leurs mouvements de revendication, sous la conduite de Cherubin Claver BAYONNE
Pour mémoire, le plan social destiné aux anciens agents de Gabon Poste Liquidée, bien qu’il ait été mentionné dans la décision conjointe 044/06 signée par les ministres de la Communication et de l’Économie, ainsi que dans le rapport d’Audit du cabinet américain DECISION ANALYSIS PARTNERS, chargé par le gouvernement gabonais de superviser les réformes complexes des secteurs des Télécommunications et postal pour GABON TELECOM et GABON POSTE, reste impayé à ce jour.
Ce processus a effectivement mené à la liquidation de Gabon Poste et à la création concomitante de la Poste SA, dont Sieur Alfred MABIKA fut le premier Directeur Général, avant que Michael ADANDE ne prenne la relève le 15 octobre 2015. Il convient de ne pas confondre cette dernière avec l’ex-Gabon Poste, liquidée en 2006.
Les opérations de Gabon Poste ont cessé le 31 janvier 2007, tandis que la Poste SA a commencé ses activités le 1er février 2007 après le transfert du patrimoine universel de Gabon Poste à cette nouvelle entité, créée dans le cadre d’une liquidation à l’amiable et non judiciaire.
Il est essentiel de souligner que la compensation des agents licenciés comportait deux volets : le paiement des droits légaux et une compensation transactionnelle.
1. L’État s’est limité à verser les droits légaux minimaux, appliquant le seul Code du travail et négligeant les dispositions plus favorables de la Convention Collective.
2. Le volet transactionnel du Plan social a été ignoré jusqu’à présent par les hauts fonctionnaires responsables de ce processus de liquidation.
Les recommandations pourtant claires du cabinet américain DECISION ANALYSIS PARTNERS, mandaté par l’État et sélectionné à la suite d’un appel d’offres international, n’ont pas été appliquées en ce qui concerne l’indemnisation transactionnelle du personnel, qui aurait dû être versée aux agents de l’ex-GABON POSTE LIQUIDÉE, en se basant sur le traitement réservé à leurs collègues de Gabon Telecom. Ces derniers ont en effet bénéficié de compensations consistant en 48, 36, puis 24 mois de salaires comme mesures d’accompagnement.
Les partenaires sociaux des anciens agents de Gabon Poste Liquidée, conscients des contraintes financières de l’État à l’époque, avaient demandé au moins le versement minimal octroyé à Gabon Telecom, soit 24 mois pour la transactionnelle.
Aujourd’hui, en 2024, après 19 ans de lutte désespérée pour obtenir leurs droits, plus de 100 personnes sur les 800 agents initialement concernés sont décédées, laissant derrière elles des familles endeuillées et plongées dans la précarité et la misère.
Il y a trois ans, en juillet 2022, l’Autorité Nationale de Vérification et d’Audit (ANAVEA), dissoute par le CTRI, avait repris ce dossier. Une analyse technique approfondie menée alors avait conclu à la nécessité de verser la compensation transactionnelle aux anciens employés de Gabon Poste Liquidée.
Le 4 octobre 2022, un dossier complet pour le paiement de ce second volet du plan social, soit la compensation transactionnelle de 24 mois, a été transmis au Ministère du Budget pour enclencher le circuit de paiements requis dans ce genre de situation.
Cependant, depuis lors, un jeu de ping-pong interminable se poursuit entre les ministères du Budget et de l’Économie, comme si, étrangement, les hauts fonctionnaires de ces ministères avaient soudainement perdu leur lucidité pour régler ce dossier social criant.
D’un point de vue administratif, il est évident qu’il existe des règles et des circuits prédéfinis pour effectuer les paiements, et l’ancien président Ali Bongo, en envoyant une correspondance au Ministre du Budget le 12 avril 2023, avait rappelé que ce dernier devait agir sur la base des conclusions de l’ANAVEA en matière de vérification et d’audit.
Pourtant, le 17 juillet 2023, dans une tentative de relancer la procédure de paiement, l’ancien ANAVEA avait réexpédié le même dossier, qu’il avait envoyé au Ministère de l’Économie, espérant ainsi donner un coup d’accélérateur à la procédure de paiement. Mais hélas, le dossier est resté enfoui dans les tiroirs de la haute administration, et personne ne semble être interpellé, malgré les sit-in récurrents des agents endeuillés en détresse.
Était-il normal que le Premier Ministre de l’époque émette des instructions pour effectuer ce paiement, sans que ses collègues des ministères de l’Économie et du Budget n’agissent ?
Cette situation pousse les anciens agents de Gabon Poste à s’interroger sur le rôle du Directeur Général du Budget, ainsi que celui du Directeur de Cabinet du Ministre (du Budget et de l’Économie). Quelles sont les véritables responsabilités d’un ministre dans cet imbroglio ?
Est-il normal qu’un Président de la République demandant l’exécution d’une décision voie cette demande rester lettre morte au sein de l’exécutif ?
Il semble y avoir ici une grande complicité et un jeu dangereux qui porte gravement atteinte aux ex-agents de Gabon Poste Liquidée, situation assimilée à une forme de génocide au sein de cette population.
Est-ce que les hautes fonctions du pays se concentrent uniquement sur le traitement des problèmes de leurs proches ou amis ? Le problème des ex-agents de Gabon Poste ne constitue-t-il pas une question sociale cruciale pour le Président de la République ? À la lumière de l’urgence que revêt ce dossier, les agents qui n’ont toujours pas reçu leurs paiements lancent un appel désespéré au Chef de l’État, Oligui Nguema, pour qu’il se penche sur ce problème aigu qui concerne directement 800 familles, soit près de 12 000 gabonais vivant dans une profonde détresse.
Il serait opportun d’apporter une solution à cette situation dans les plus brefs délais, car ce sont des Gabonais qui endurent des souffrances considérables.
Valéry M













