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GABON ÉDUCATION V : un nouveau syndicat pour redéfinir la dignité et le rôle de l’enseignant dans la 5e République

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Une nouvelle organisation syndicale du secteur éducation, dénommée GABON ÉDUCATION V, a officiellement lancé ses activités samedi 04 avril dernier. Diane BOUSSOYI MOMBO, en sa qualité de Présidente nationale a clairement affiché son ambition : repositionner l’enseignant gabonais au cœur du projet de société de la 5e République.

Devant une assemblée composée de syndicalistes, d’enseignants et d’invités, réunis en plein week-end pascal, la responsable syndicale a salué la mobilisation des acteurs du secteur éducatif, tout en mesurant « la responsabilité immense » qui lui incombe. « C’est un double honneur pour moi de vous compter parmi nous », a-t-elle déclaré, soulignant le caractère symbolique et stratégique de ce lancement.

Le SYGE 5 se distingue d’emblée par son approche. Loin des méthodes traditionnelles de revendication, souvent marquées par des grèves à répétition, le nouveau syndicat prône une culture du dialogue permanent avec les autorités.

« Notre syndicat est celui des négociations sans arrêt, des compromis et des solutions », a insisté la présidente. Une vision qui vise à « anticiper les mouvements de grève qui désacralisent l’enseignant » et à promouvoir une image plus digne et valorisante de la profession.

Dans un ton ferme, elle a rejeté les conditions actuelles de vie de nombreux enseignants : « Non, l’enseignant n’est pas condamné à rouler dans des véhicules modestes, ni à vivre dans des conditions précaires. » Pour elle, l’enseignant doit incarner la noblesse, susciter l’admiration et devenir un modèle pour la jeunesse gabonaise.

Au cœur du projet du SYGE 5 se trouve la volonté de réhabiliter la fonction enseignante, en la positionnant comme un pilier incontournable du développement national. La présidente a insisté sur la nécessité pour les enseignants de devenir de véritables partenaires de l’État.

« Nous ne laisserons pas l’État s’occuper seul de nos problèmes. Nous allons nous impliquer dans le moindre détail », a-t-elle affirmé, plaidant pour une co-construction des politiques éducatives.

Cette dynamique s’inscrit dans une vision plus large : celle d’un système éducatif modernisé, aligné sur les ambitions de la 5e République, où l’enseignant est reconnu à sa juste valeur, tant sur le plan social que professionnel.

Autre fait marquant de ce lancement : le profil de la présidente nationale, issue du primaire. Une position qu’elle assume pleinement comme un symbole d’équité et de représentativité.

« Je suis une femme, issue du premier degré. Ce n’est peut-être pas inédit, mais c’est une marque forte d’égalité », a-t-elle souligné, appelant les enseignants du primaire à se reconnaître dans cette nouvelle dynamique syndicale.

Elle a également insisté sur la représentativité de toutes les composantes du système éducatif au sein du bureau national, garantissant ainsi une approche inclusive des problématiques du secteur.

Le SYGE 5 n’a pas tardé à annoncer ses premières actions. Parmi elles, le dépôt imminent d’un cahier de charges portant sur deux points majeurs : La mise en solde progressive de 808 enseignants des établissements confessionnels, conformément aux engagements présidentiels ; La révision des accords-cadres entre l’État et les structures confessionnelles, afin de mettre fin aux recrutements hors concours.

La présidente n’a pas caché sa surprise face à la non-application de certaines décisions : « Une parole présidentielle se doit d’être respectée et exécutée. »
Une dynamique déjà en marche.

À peine lancé, le syndicat affiche déjà une dynamique prometteuse, avec plus de 300 adhésions enregistrées en seulement trois jours. Un signal fort qui témoigne de l’adhésion croissante des enseignants à cette nouvelle vision.

Dans la perspective des élections professionnelles à venir, le SYGE 5 entend structurer son implantation à l’échelle nationale. Une tournée des neuf provinces est d’ores et déjà annoncée pour mettre en place une coordination efficace.

Plusieurs voix se sont élevées pour saluer cette initiative, à l’instar du Secrétaire général Chrysostome Ndong Bekale, qui voit en ce nouveau syndicat une opportunité de renouvellement du dialogue social dans l’éducation.

« Le SYGE 5 incarne une nouvelle génération de syndicalisme, fondée sur la responsabilité, la lucidité et la recherche permanente de solutions. C’est une approche qui peut contribuer durablement à stabiliser le secteur éducatif gabonais », a-t-il déclaré.

Avec un discours résolument tourné vers la réforme, la dignité professionnelle et la collaboration avec les pouvoirs publics, le Syndicat Gabon Éducation V entend s’imposer comme un acteur clé du paysage éducatif gabonais.

En conclusion de son allocution, la présidente a lancé un appel à l’unité et à l’engagement collectif : « Vive le Syndicat Gabon Éducation V, pour que l’enseignant gabonais soit digne d’envie. »

Un mot d’ordre qui résonne comme une promesse, mais aussi comme un défi à relever dans un contexte où l’éducation reste un levier essentiel du développement du Gabon.

Valéry M

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